Les Cinq Facteurs Du Vivant
23 Mar 2022
Par Xavier Bénard
Lorsque nous cherchons à améliorer notre équilibre ou à changer quelque chose dans notre vie, nous avons souvent tendance à nous concentrer sur un seul élément.
Nous modifions notre alimentation, nous faisons davantage d’exercice, nous essayons de mieux dormir ou nous cherchons à mieux gérer notre stress.
Pourtant, notre fonctionnement est beaucoup plus global.
En 2021, j’ai eu l’occasion de me former auprès du Dr Yann Rougier, médecin et enseignant notamment dans les domaines de la nutrition santé et des neurosciences appliquées.
J’y ai découvert une grille de lecture qu’il présente sous le nom des « cinq facteurs du vivant ».
Cette approche m’a particulièrement intéressé parce qu’elle invite à ne pas considérer séparément le corps, le mental et les émotions, mais à observer les interactions entre plusieurs dimensions de notre équilibre.
Quels sont les cinq facteurs du vivant ?
Le modèle s’organise autour de cinq grands facteurs : la respiration, la nutrition, l’élimination, la relaxation et la gestion des émotions.
1. La respiration
La respiration est probablement l’un des moyens les plus immédiats dont nous disposons pour agir sur notre état.
Elle se modifie naturellement selon ce que nous vivons : calme, effort, peur, tension ou détente.
Mais l’inverse est également intéressant : en portant volontairement notre attention sur la respiration et en modifiant progressivement son rythme, nous pouvons favoriser un retour vers un état plus calme.
C’est notamment l’un des principes que l’on retrouve dans certaines pratiques respiratoires et dans la cohérence cardiaque.
2. La nutrition
Notre organisme a besoin d’énergie et de nutriments pour fonctionner.
L’alimentation constitue donc naturellement une dimension importante de notre équilibre général.
Dans l’approche des cinq facteurs, l’idée n’est pas seulement de chercher une alimentation « parfaite », mais de considérer la nutrition comme l’un des éléments d’un ensemble plus vaste.
Se concentrer uniquement sur ce que l’on mange sans prendre en compte le stress, le sommeil, les émotions ou notre rythme de vie peut parfois donner une vision très partielle de la situation.
3. L’élimination
Le fonctionnement normal de l’organisme implique également différents processus permettant d’éliminer les substances dont il n’a plus besoin.
Dans le modèle des cinq facteurs, cette dimension est regroupée sous le terme de « détox » ou élimination.
Je préfère aujourd’hui parler simplement des processus naturels d’élimination de l’organisme, sans leur attribuer les nombreuses promesses parfois associées au terme « détox ».
4. La relaxation et le mental
Le quatrième facteur concerne notre activité mentale et notre capacité à retrouver des états de calme et de relâchement.
Nos pensées participent en permanence à la manière dont nous interprétons ce que nous vivons. Une activité mentale très soutenue, des préoccupations répétitives ou un état de vigilance constant peuvent ainsi entretenir un état de tension.
À l’inverse, apprendre à ralentir cette activité et à revenir davantage dans le moment présent peut favoriser un état intérieur plus calme.
La relaxation, la méditation, certaines techniques respiratoires ou les pratiques corporelles peuvent alors devenir des moyens d’agir sur ce facteur.
C’est une dimension qui m’intéresse particulièrement : comprendre le fonctionnement du mental, mais aussi apprendre progressivement à ne plus être constamment entraîné par lui.
5. La gestion des émotions
Nos émotions influencent profondément notre expérience.
Elles modifient notre attention, nos pensées, nos réactions corporelles et parfois même les décisions que nous prenons.
Lorsqu’une réaction émotionnelle devient répétitive ou disproportionnée par rapport à la situation présente, il peut être intéressant de chercher à comprendre ce qui continue à l’entretenir.
Selon les situations, le travail peut alors consister à apprendre à mieux réguler l’émotion, mais aussi à explorer certaines expériences, perceptions, croyances ou automatismes auxquels elle reste associée.
Notre équilibre ne dépend pas d’un seul facteur
C’est probablement ce que je retiens le plus de cette approche.
Nous aimons chercher une cause unique à ce que nous vivons.
Si je suis fatigué, c’est peut-être mon alimentation. Si je suis tendu, c’est le stress. Si je dors mal, je cherche une technique pour mieux dormir.
Mais notre fonctionnement est rarement aussi compartimenté.
Une période de stress peut modifier notre respiration, perturber notre sommeil, influencer notre alimentation et rendre certaines réactions émotionnelles plus difficiles à réguler.
À l’inverse, agir sur l’une de ces dimensions peut parfois avoir des répercussions positives sur les autres.
Les cinq facteurs constituent ainsi une grille intéressante pour prendre un peu de recul et se demander :
sur quel niveau serait-il le plus pertinent d’agir aujourd’hui ?
Une idée que je retrouve également dans mon approche du changement
Cette manière de regarder l’être humain dans sa globalité rejoint quelque chose que j’ai retrouvé ensuite dans de nombreuses approches que j’ai étudiées et pratiquées.
Lorsque nous voulons changer, le niveau sur lequel le problème apparaît n’est pas nécessairement le seul niveau sur lequel il est utile d’agir.
Un blocage peut être entretenu par une croyance, une réaction émotionnelle, un automatisme, un état de tension ou plusieurs de ces éléments à la fois.
C’est pourquoi je trouve plus intéressant de chercher ce qui entretient réellement un fonctionnement plutôt que d’appliquer systématiquement la même technique à chaque personne.
Les cinq facteurs du vivant m’ont apporté, à une étape de mon parcours, une première manière de regarder cette interdépendance.
Et le Qi Gong dans tout cela ?
Lorsque j’ai découvert cette approche, une question m’est rapidement venue à l’esprit : combien de ces cinq facteurs peuvent être concernés par une pratique comme le Qi Gong ?
Le Qi Gong mobilise naturellement le corps et la respiration. Il développe également le relâchement, l’attention et une perception plus fine de notre état intérieur.
Selon la manière dont il est pratiqué, il peut donc entrer en résonance avec plusieurs dimensions de cette grille de lecture.
C’est aussi ce qui explique mon intérêt pour les arts internes : plutôt que d’isoler systématiquement le corps, la respiration ou l’esprit, ils permettent de les explorer au sein d’une même pratique.
Si vous souhaitez découvrir cette approche, je propose des cours de Qi Gong au Havre, ainsi qu’à distance en visioconférence.
Le modèle des « cinq facteurs du vivant » présenté dans cet article est issu des enseignements du Dr Yann Rougier. Cet article présente cette approche à titre informatif et ne constitue pas un conseil, un diagnostic ou un traitement médical.