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Le changement : Une question d’intensité, pas de temps

10 Nov 2024

Jeune pousse émergeant de la roche, symbole du changement

Par Xavier Bénard

On imagine souvent que changer demande forcément du temps. Qu’il faut des mois, parfois des années, pour modifier un comportement, dépasser un blocage ou sortir d’un schéma qui se répète.

Le temps peut bien sûr être nécessaire. Mais à lui seul, il ne transforme rien.

Nous pouvons avoir conscience depuis longtemps qu’un fonctionnement nous limite, comprendre pourquoi nous réagissons d’une certaine manière et vouloir sincèrement faire autrement… tout en continuant à reproduire les mêmes réactions.

À l’inverse, certaines transformations peuvent parfois se produire très rapidement.

Alors, qu’est-ce qui fait la différence ?

Comprendre n’est pas forcément changer

Comprendre ce qui nous arrive est souvent une première étape importante.

Nous pouvons identifier l’origine d’un comportement, reconnaître un schéma répétitif ou comprendre qu’une certaine manière de penser nous limite.

Mais cette compréhension reste parfois intellectuelle.

On peut parfaitement se dire : « Je sais que je réagis toujours comme ça », « Je sais que cette peur n’est plus justifiée » ou « Je sais que cette croyance me limite »… et constater malgré tout que notre réaction revient automatiquement lorsque nous sommes confrontés à la situation.

C’est notamment parce qu’une partie de nos fonctionnements ne repose pas uniquement sur ce que nous pensons consciemment. Des croyances, des émotions et des automatismes peuvent continuer à orienter notre manière de percevoir une situation et d’y réagir.

Pour qu’un changement se produise, il faut parfois aller travailler à un autre niveau.

Travailler au bon niveau

Dans ma pratique, je cherche donc moins à multiplier les techniques qu’à comprendre où se situe réellement le blocage.

Derrière une réaction ou un comportement se trouve parfois une croyance profondément installée : une manière de percevoir soi-même, les autres ou une situation qui continue à influencer nos réactions, même lorsque nous souhaitons consciemment changer.

Travailler uniquement sur la conséquence peut alors ne pas suffire.

L’enjeu est de trouver ce qui contribue réellement à entretenir le fonctionnement.

Trouver la croyance qui porte l’émotion

Toutes les croyances que nous pouvons identifier n’ont pas nécessairement le même poids.

Nous pouvons mettre des mots sur beaucoup de choses sans que cela provoque quoi que ce soit de particulier.

Dans ma pratique, un indicateur important apparaît lorsque nous rencontrons une croyance qui fait émerger une émotion.

À cet instant, nous ne sommes plus seulement dans une compréhension intellectuelle. Nous sommes au contact de quelque chose qui semble avoir une importance réelle dans le fonctionnement de la personne.

C’est souvent là que le travail devient particulièrement intéressant.

L’émotion : comme une pâte à modeler chaude

J’aime utiliser une image très simple pour expliquer ce phénomène : celle de la pâte à modeler.

Lorsqu’elle est froide, elle est plus difficile à transformer. Lorsqu’elle est chaude, elle devient beaucoup plus malléable.

L’émotion joue pour moi un rôle comparable dans le processus de changement.

Lorsqu’elle émerge avec suffisamment d’intensité, elle peut nous indiquer que nous avons atteint quelque chose de significatif : une croyance, une perception ou une expérience qui participe au fonctionnement que la personne souhaite modifier.

Le but n’est donc pas de rechercher artificiellement une émotion forte, ni de lutter contre elle.

Il s’agit plutôt, lorsqu’elle se présente, de pouvoir travailler avec elle : libérer l’émotion et transformer ce qui lui est associé.

C’est ce que j’entends lorsque je parle de travailler au bon niveau et avec la bonne intensité.

Quand un automatisme commence à perdre sa force

Une croyance n’est pas toujours une pensée que nous nous répétons consciemment.

Elle peut participer à tout un fonctionnement devenu automatique : une situation déclenche une perception, une émotion apparaît, puis une réaction se met en place presque sans que nous ayons le sentiment de choisir.

C’est ainsi que certains schémas peuvent se répéter malgré notre volonté de faire autrement.

Lorsque nous travaillons sur ce qui alimente réellement ce fonctionnement, quelque chose peut commencer à changer.

La situation extérieure n’a pas nécessairement changé. Mais notre manière de la vivre et d’y réagir peut, elle, devenir différente.

Et c’est précisément cette différence qui ouvre la possibilité d’un nouveau choix.

Un changement rapide ne signifie pas que tout change instantanément

Certaines transformations peuvent être rapides. Il arrive qu’un déclic ou un travail réalisé au bon endroit modifie profondément la manière dont une situation est vécue.

Cela ne signifie pas pour autant que toute transformation est instantanée.

Un changement intérieur peut avoir besoin d’être expérimenté et intégré dans la vie quotidienne. De nouvelles situations permettent alors de constater que l’ancienne réaction n’est plus aussi automatique et qu’une autre manière d’agir devient possible.

C’est aussi pour cette raison que l’accompagnement peut s’inscrire dans le temps : non pas parce qu’il faudrait nécessairement des mois pour modifier chaque blocage, mais parce qu’un changement peut ouvrir la porte à d’autres prises de conscience et demander un temps d’intégration.

Le changement n’est donc pas seulement une question de temps

Attendre ne suffit pas nécessairement à transformer ce qui nous bloque.

Et faire davantage d’efforts n’est pas toujours la réponse non plus.

Ce qui compte est parfois de rencontrer le bon élément, au bon niveau, avec la bonne intensité.

C’est aussi cette recherche de ce qui entretient réellement le blocage qui est au cœur de mon accompagnement individuel.

Lorsqu’une croyance importante est identifiée, que l’émotion qui lui est associée peut être libérée et que l’ancien automatisme commence à perdre sa force, le changement peut devenir beaucoup plus accessible.

Le temps retrouve alors sa véritable fonction : non plus provoquer le changement, mais permettre de l’expérimenter, de l’intégrer et de le faire vivre dans notre quotidien.

 

Envie de changer ce qui vous bloque ?

xavier bénard coach de vie