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xavier bénard coach de vie
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Et si notre société avait besoin du Qi Gong ?

19 Oct 2026

Retrouver calme, présence et enracinement grâce au Qi Gong dans la vie moderne

Nous vivons dans une société qui nous demande beaucoup.

Aller vite. Répondre rapidement. Anticiper. Produire. Passer d’une information à une autre. Être disponible, connecté, réactif.

Nos téléphones nous accompagnent partout. Les sollicitations se succèdent. Même lorsque nous nous arrêtons physiquement, notre attention, elle, continue souvent à courir.

Nous avons appris à faire énormément de choses.

Mais avons-nous encore appris à nous arrêter, à sentir notre corps, à relâcher ce qui n’a pas besoin d’être tendu et à être simplement présents à ce que nous vivons ?

C’est peut-être là que le Qi Gong a quelque chose de particulièrement intéressant à apporter à notre époque.

Une société qui nous disperse

Notre attention est devenue une ressource extrêmement sollicitée.

Messages, notifications, informations, travail, réseaux sociaux, préoccupations personnelles : notre esprit peut passer en quelques minutes d’un sujet à un autre sans véritablement se poser.

Cette dispersion ne concerne d’ailleurs pas seulement le mental. Elle se retrouve souvent dans notre manière d’habiter notre corps.

Nous pouvons être assis quelque part tout en étant mentalement ailleurs. Marcher sans réellement sentir nos pas. Respirer sans prêter attention à notre respiration. Manger en regardant un écran.

Le corps est là, mais notre attention n’y est pas nécessairement.

Le Qi Gong propose presque le mouvement inverse.

Revenir.

Revenir au corps. Aux sensations. À la respiration. Au poids du corps. À ce qui se passe maintenant.

S’enraciner pour être moins dispersé

L’enracinement occupe une place importante dans les arts internes.

Il ne s’agit pas simplement de rester immobile ou de pousser ses pieds dans le sol.

S’enraciner, c’est progressivement apprendre à sentir son poids descendre, à laisser le corps trouver davantage de stabilité et à établir une relation plus claire avec le sol.

Mais l’enracinement possède aussi une autre dimension.

Lorsque le corps se pose, l’attention peut elle aussi devenir moins dispersée.

Au lieu d’être constamment happée par ce qui vient de se passer, ce qui pourrait arriver ou la prochaine sollicitation, elle revient davantage aux sensations et à l’expérience présente.

Nous ne cherchons donc pas seulement à être physiquement plus stables. Nous entraînons aussi une certaine qualité de présence.

Nous savons nous tendre. Savons-nous encore nous relâcher ?

Face à une difficulté, notre réflexe consiste souvent à ajouter quelque chose.

Plus d’effort. Plus de contrôle. Plus de réflexion. Plus de volonté.

Le Qi Gong nous fait découvrir une possibilité presque opposée : parfois, progresser demande non pas d’en faire davantage, mais d’enlever ce qui est inutile.

Une tension dans les épaules. Une contraction dans le ventre. Une mâchoire serrée. Une respiration retenue. Une volonté excessive de contrôler le mouvement.

Bruce Frantzis, dont l’enseignement a profondément influencé ma pratique des arts internes, utilise une formule que j’aime beaucoup :

« Personne ne va à l’hôpital pour une attaque de relaxation. »

— Bruce Frantzis

La formule prête à sourire, mais elle dit quelque chose d’important.

Nous savons très bien nous contracter. Le véritable apprentissage consiste parfois à découvrir comment cesser de maintenir des tensions dont nous n’avons plus besoin.

C’est ce que les arts internes appellent notamment le Song : se relâcher sans devenir mou.

Relâcher ne signifie pas s’effondrer

C’est une distinction essentielle.

Lorsque je demande à quelqu’un de se relâcher, il arrive qu’il abandonne simplement sa structure. Les épaules tombent, le dos s’affaisse et le corps devient mou.

Ce n’est pas ce que nous recherchons.

Dans le Qi Gong et le Neigong, le relâchement s’accompagne au contraire d’une organisation du corps.

La structure reste présente. Le squelette continue à nous soutenir. Les articulations peuvent trouver davantage d’espace et les tensions musculaires qui ne sont pas nécessaires peuvent progressivement diminuer.

Le corps ne devient pas passif.

Il devient disponible.

Relâcher progressivement l’ensemble du corps

Dans l’enseignement des arts internes, le travail de relâchement ne s’arrête pas aux muscles.

Avec la pratique, nous cherchons à percevoir des tensions de plus en plus fines et à permettre à différentes parties du corps de retrouver davantage de mobilité et d’ouverture.

Le système nerveux est intimement lié à l’ensemble du corps et les nerfs parcourent nos tissus. Dans la pratique, nous cherchons donc également à développer une qualité de relâchement qui ne soit pas seulement musculaire, mais qui concerne progressivement notre état général.

Lorsque les tensions inutiles diminuent, les tissus peuvent retrouver davantage de liberté de mouvement et le corps peut donner la sensation de s’ouvrir de l’intérieur.

Dans les arts internes, cette ouverture est traditionnellement associée à une meilleure circulation à travers le corps.

Il faut cependant rester précis : dans la pratique courante du Qi Gong, nous ne cherchons pas à commander consciemment à nos fluides de circuler.

L’idée est beaucoup plus simple.

Nous cherchons moins à forcer quelque chose à circuler qu’à enlever progressivement ce qui entrave le mouvement naturel du corps.

Les bienfaits du Qi Gong ne se résument pas à la détente

On présente souvent les bienfaits du Qi Gong à travers la relaxation ou le bien-être.

C’est réel dans l’expérience de nombreux pratiquants, mais je trouve cette description réductrice.

Car pratiquer régulièrement, c’est aussi apprendre à mieux sentir son corps, développer son attention, travailler sa coordination, explorer sa mobilité et découvrir comment utiliser moins de tensions inutiles dans le mouvement.

C’est également apprendre à reconnaître plus rapidement certains états internes.

Je suis tendu.

Je retiens ma respiration.

Je suis en train de forcer.

Mon attention est partie ailleurs.

Je peux alors revenir.

Cette capacité à revenir me semble particulièrement précieuse aujourd’hui.

Du Qi Gong au Neigong : lorsque le travail devient intérieur

Au début, nous pouvons pratiquer le Qi Gong principalement à travers les mouvements.

Nous apprenons une forme, une posture, une respiration ou une manière de déplacer le poids du corps.

Puis, progressivement, l’attention peut se tourner vers ce qui se passe à l’intérieur.

Comment les tensions se relâchent-elles ? Comment le poids descend-il ? Comment différentes parties du corps se connectent-elles ? Comment le mouvement extérieur peut-il être produit par des changements plus profonds à l’intérieur du corps ?

C’est là que la frontière entre Qi Gong et Neigong devient particulièrement intéressante.

Les 16 Neigong constituent justement différentes qualités internes que l’on peut progressivement développer à travers la pratique.

Et si nous apprenions aussi à être ?

Notre société nous apprend énormément à faire.

Faire des études. Faire carrière. Faire du sport. Faire des projets. Faire davantage. Faire mieux.

Il n’y a évidemment rien de mauvais à cela.

Mais une pratique comme le Qi Gong nous pose une autre question :

savons-nous encore simplement être là ?

Sentir notre corps sans chercher immédiatement à le modifier.

Observer une sensation sans devoir la commenter.

Respirer sans vouloir obtenir quelque chose.

Rester quelques instants sans remplir immédiatement l’espace.

Pour certains, le Qi Gong restera avant tout une pratique corporelle. Et cela suffit largement.

Pour d’autres, quelque chose de plus profond peut progressivement apparaître.

Se reconnecter à soi

À force de ralentir, de relâcher certaines tensions et de revenir au corps, nous pouvons parfois commencer à distinguer ce qui appartient à l’expérience présente de tout ce que notre mental ajoute autour.

Nos habitudes. Nos réactions automatiques. Les rôles que nous jouons. Certaines façons de nous raconter continuellement notre propre histoire.

La pratique peut alors devenir une manière de se reconnecter plus profondément à soi, à son être.

Pour ceux qui le souhaitent, elle peut même ouvrir une réflexion sur le sens que nous donnons à notre existence et sur la manière dont nous voulons réellement la vivre.

Il n’est pas nécessaire de rechercher cette dimension pour pratiquer le Qi Gong.

Mais elle peut apparaître naturellement lorsque la pratique cesse d’être uniquement une succession de mouvements et devient progressivement un chemin intérieur.

Alors, notre société a-t-elle besoin du Qi Gong ?

Probablement pas du Qi Gong en particulier.

Mais je crois qu’elle a profondément besoin de ce qu’il nous réapprend.

Ralentir sans s’arrêter. Se relâcher sans s’effondrer. S’enraciner sans devenir immobile. Être attentif sans se crisper. Habiter davantage son corps et être un peu moins dispersé.

Dans un monde qui nous sollicite constamment vers l’extérieur, apprendre à revenir à l’intérieur peut devenir une forme d’équilibre.

Et c’est peut-être là, au-delà de ses nombreux bienfaits, que le Qi Gong conserve toute sa modernité.

Si vous souhaitez découvrir cette pratique, je propose des cours et ateliers de Qi Gong au Havre, avec un travail autour du relâchement, de l’enracinement, de la présence et des principes internes du mouvement.

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