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Qi Gong et Neigong : Quelle différence ?

04 Oct 2026

Qi Gong et Neigong, illustration du travail de l’énergie interne

Par Xavier Bénard

Lorsque l’on découvre les arts énergétiques chinois, on rencontre assez vite deux termes : Qi Gong et Neigong.

Les deux sont proches et la frontière n’est pas toujours aussi nette qu’on pourrait le penser. Les définitions peuvent d’ailleurs varier selon les écoles et les traditions.

Mais dans le système que je pratique et que j’enseigne, il existe une manière assez simple de comprendre leur différence.

Le Qi Gong part davantage de l’extérieur pour aller vers l’intérieur. Le Neigong, lui, développe progressivement l’intérieur pour qu’il devienne le moteur du mouvement extérieur.

Le Qi Gong : le mouvement pour agir sur l’intérieur

Quand on regarde quelqu’un pratiquer le Qi Gong, on voit généralement assez clairement les mouvements.

Les bras montent et descendent, le poids du corps se déplace, le corps tourne, s’ouvre, se referme… Certains enchaînements peuvent d’ailleurs être assez élaborés et demander une véritable coordination.

Mais ces mouvements extérieurs ne sont pas une fin en soi.

Ils permettent progressivement d’agir sur l’intérieur : relâcher les tensions, libérer la respiration, mobiliser certaines parties du corps et développer une perception plus fine de ce qui se passe en soi.

Le mouvement extérieur devient ainsi une porte d’entrée vers le travail intérieur.

On pourrait dire que le Qi Gong nous conduit de l’extérieur vers l’intérieur.

Le Neigong : beaucoup moins à voir… mais beaucoup à sentir

Le Neigong peut être assez déroutant lorsqu’on l’observe pour la première fois.

Les mouvements sont souvent beaucoup plus simples et dépouillés. Parfois, on peut même regarder un pratiquant expérimenté et se demander :

« Mais qu’est-ce qu’il fait exactement ? »

De l’extérieur, il semble parfois ne pas se passer grand-chose.

À l’intérieur, c’est une autre histoire.

Le pratiquant peut travailler le relâchement profond, la structure, la respiration, les connexions entre différentes parties du corps, les ouvertures et fermetures, le centre ou encore la manière dont un mouvement se transmet à travers l’ensemble du corps.

En Neigong, la simplicité est à l’extérieur. La richesse du travail est à l’intérieur.

Quand l’intérieur commence à produire le mouvement

C’est probablement là que se trouve pour moi l’une des différences les plus intéressantes.

Lorsque nous débutons, nous avons naturellement tendance à produire le mouvement directement avec nos muscles : je veux lever mon bras, alors je contracte les muscles nécessaires pour lever mon bras.

Le Neigong cherche progressivement à modifier cette organisation.

On apprend à relâcher ce qui n’a pas besoin de travailler, à mieux connecter les différentes parties du corps et à laisser le mouvement se transmettre à travers l’ensemble de la structure.

Le mouvement visible devient alors progressivement la conséquence de ce qui se passe à l’intérieur.

C’est ce que j’aime appeler le moteur interne.

De l’extérieur, le geste peut sembler presque identique. Pourtant, intérieurement, la manière dont il est produit peut être complètement différente.

Un système de 16 principes internes

Dans le système de Neigong que je pratique et que j’enseigne, ce travail intérieur s’organise autour de 16 grands principes.

Ils vont des méthodes respiratoires aux dimensions plus subtiles du travail énergétique, en passant notamment par les ouvertures et fermetures du corps, la pulsation, les méridiens Yin et Yang, les trois Dantian ou encore les énergies du canal central.

On y retrouve également le travail des Cinq Éléments – Bois, Feu, Terre, Métal et Eau – avec les différentes qualités qui leur sont traditionnellement associées.

Et chacun de ces principes peut être exploré à plusieurs niveaux : élémentaire, intermédiaire et avancé.

Je ne vais pas les détailler ici, car j’ai consacré un article entier à ce sujet : découvrir les 16 principes du Neigong.

Mettre plus de profondeur dans un mouvement simple

C’est aussi ce qui explique pourquoi les mouvements du Neigong peuvent rester extrêmement simples.

On ne cherche pas nécessairement à accumuler toujours plus de formes ou à réaliser des mouvements de plus en plus complexes.

On peut au contraire reprendre un mouvement très simple et y introduire progressivement différentes couches de travail intérieur.

Au début, par exemple, l’attention pourra être principalement portée sur la respiration et le relâchement.

Avec l’expérience, ce même mouvement pourra intégrer les ouvertures et fermetures, les connexions internes, le travail des Dantian, la pulsation ou d’autres principes plus avancés.

On ne cherche pas à ajouter toujours plus de mouvements. On apprend à mettre toujours plus de profondeur dans le même mouvement.

Des principes qui finissent par travailler ensemble

Mais il y a encore une étape importante.

Le but n’est pas seulement d’apprendre ces principes les uns après les autres.

Avec le temps, on cherche à les faire fonctionner ensemble.

Le relâchement influence la structure. La structure facilite les connexions. La respiration accompagne les ouvertures et fermetures. Le centre participe au mouvement de l’ensemble du corps.

Progressivement, plusieurs processus internes peuvent donc être présents simultanément dans un mouvement pourtant très simple.

Et leurs effets ne font pas que s’additionner : les différents principes commencent à se renforcer les uns les autres.

C’est aussi pour cela qu’en regardant un pratiquant expérimenté, on peut avoir l’impression qu’il ne fait presque rien.

Extérieurement, le mouvement peut être minime.

Intérieurement, beaucoup de choses peuvent être en train de se produire en même temps.

Qi Gong ou Neigong : faut-il vraiment choisir ?

Pas nécessairement.

Qi Gong et Neigong ne sont pas deux mondes complètement séparés. Un Qi Gong peut devenir très interne et intégrer de nombreux principes de Neigong.

La distinction dépend aussi des écoles et des traditions. Je préfère donc parler d’une différence de dominante plutôt que d’une frontière rigide.

Dans la tradition que j’étudie, notamment à travers les enseignements de Bruce Frantzis et de mon professeur Paul Cavel, le Neigong constitue le cœur du travail des arts internes.

C’est cette approche que je transmets dans mes cours de Qi Gong et de Neigong au Havre.

Les mouvements ont leur importance, bien sûr. Mais nous nous intéressons surtout à ce qui se passe à l’intérieur lorsque nous les réalisons.

Un mouvement simple peut contenir énormément de choses

C’est probablement ce qui me passionne le plus dans cette pratique.

On peut refaire un mouvement apparemment très simple pendant des années et continuer à y découvrir quelque chose de nouveau.

Le mouvement extérieur ne devient pas forcément plus spectaculaire.

Il peut même devenir plus petit, plus sobre, plus naturel.

Mais intérieurement, la pratique devient de plus en plus riche.

Finalement, si je devais résumer simplement la différence entre Qi Gong et Neigong, je dirais :

En Qi Gong, le mouvement extérieur nous aide à découvrir et à transformer l’intérieur.

En Neigong, le travail intérieur devient progressivement le moteur du mouvement extérieur.

Et plus on avance dans la pratique, moins ce qui compte est nécessairement visible de l’extérieur.

Découvrir le Qi Gong et le Neigong

J’enseigne le Qi Gong et le Neigong au Havre lors de cours hebdomadaires, avec une approche progressive permettant de découvrir puis d’approfondir ce travail intérieur.

J’organise également ponctuellement des ateliers consacrés à ces pratiques. Vous pouvez retrouver les prochaines dates dans la rubrique Événements.

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